La troublante histoire de Siva, vendeur de roses à Besançon

Publié le par siva flashmob

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Des milliers d’internautes et de Bisontins ont volé au secours de l’informaticien indien en passe d’être expulsé. Selon le préfet, « Siva Sivasankaran a triché et fraudé ».

Il y a trois semaines, la nouvelle de l’expulsion de Siva, vendeur de roses indien dans les restaurants de Besançon, s’est répandue comme une traînée de poudre. En quelques jours, plusieurs pétitions ont recueilli des milliers de signatures de soutien. Il est vrai que l’informaticien indien était connu pour son sourire et sa gentillesse.

Ce n’est pas un enfant de chœur…

Depuis le 28 mai, Siva Sivasankaran est en rétention administrative à Strasbourg. Son recours en annulation de l’obligation de quitter le territoire, prononcée le 27 mars, a été rejeté par le tribunal administratif. Après la levée de boucliers soulevée par l’affaire, le préfet du Doubs, Nacer Meddah, a tout de même décidé de réexaminer le dossier.

« Afin de tenir compte de nouvelles informations présentées par l’intéressé, il est actuellement procédé à un nouvel examen approfondi de la situation de M. Sivasankaran », avait fait savoir le préfet le 11 juin dans un communiqué, laissant espérer une issue positive pour l’informaticien.

Le préfet avait tout de même rappelé que le ressortissant indien avait déjà déposé sans succès cinq demandes de titres de séjour entre 2005 et 2009.

Depuis, les manifestations de soutien se succèdent devant la préfecture du Doubs, et l’intéressé a commencé il y a quelques jours une grève de la faim. « Par souci de transparence », le préfet a informé hier quelques journalistes que l’affaire Siva comportait des éléments « équivoques ».

Alors qu’une nouvelle manifestation de soutien en sa faveur était annoncée hier soir à Besançon, le préfet a entrouvert le dossier pour « compléter le communiqué publié la semaine dernière ». À en croire le représentant de l’État, l’affaire ne correspond pas du tout à une histoire à l’eau de roses.

Nacer Meddah a pris des pincettes pour évoquer des éléments « troublants » dans le dossier. « On n’est pas face à un homme honnête », a-t-il révélé en précisant que Siva Sivasankaran s’est présenté sous des fausses identités à plusieurs reprises, notamment en 2006 à l’occasion de la présentation d’un dossier au titre de l’asile.

« Je ne fais pas de politique et j’ai ma propre sensibilité par rapport à ces dossiers », a poursuivi Nacer Meddah en faisant savoir que « Siva Sivasankaran n’est pas un enfant de chœur, il a triché, il a fraudé ». « On ne sait plus ce qui est vrai et ce qui est faux », a-t-il complété en faisant allusion également à « une vie privée troublante ».

« On n’est même plus sûr de son âge. 31 ans ou 39 ans », a encore souligné le préfet en mettant l’accent sur le « grand sérieux » avec lequel ses services examinent la situation des étrangers. Il a d’ailleurs précisé que deux autres préfectures (Territoire de Belfort et Bas-Rhin) étaient arrivées aux mêmes conclusions d’obligation de quitter le territoire français.

Pacsé et marié à Belfort

Sans rentrer dans les détails de sa vie privée, nous retiendrons que l’informaticien indien s’est pacsé à Belfort en 2005, s’est marié dans la même ville avec une autre femme en 2008 et qu’en arrivant en France en 2000, il a travaillé pendant deux ans dans une entreprise informatique de la cité du Lion. Après avoir été licencié, il a obtenu gain de cause aux prud’hommes et en appel avant de retourner dans son pays. Il est revenu en France quelque temps plus tard avec des identités fluctuantes.

« Je comprends que des gens manifestent, mais on n’est pas, en l’occurrence, en face de la personne qu’on croit et qu’on aurait aimé rencontrer. »

La décision définitive tombera la semaine prochaine. Les éléments livrés hier par le préfet ne laissent pas entrevoir une levée de la décision d’expulsion de l’informaticien, qui avait également fait état de promesses d’embauche en Franche-Comté. Selon le préfet, les employeurs se sont rétractés.


Claude Mislin,
LE PAYS .

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